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Les accidents
Le manque de signalisation ou l’absence de passage à niveau étaient la cause de nombreux accidents.
Un tamponnement en gare de Landivisiau-ville
Nous sommes en décembre 1914. Un accident a
lieu en gare de Landivisiau - Ville. Cet accident est surtout dû
à l'irresponsabilité des mécaniciens et chauffeur
du train tamponneur. On est loin des check-lists et autres
procédures de sécurité de nos transports en commun
actuels. Ci-dessous, le rapport de l'ingénieur. Je ne cite pas
les noms des protagonistes du fait qu'il s'agit
d'évènements relativement proches.
Rapport du subdivisionnaire
Le 5 décembre courant, la machine N° I09 du train 24 se
trouvait, vers I7 h. 25, en gare de Landivisiau - Ville, sur la voie
principale,

occupée à faire du charbon, lorsque la machine I05,
conduite par le mécanicien G., à laquelle étaient
attelés 2 wagons vides, arrivant de Landivisiau - Transit,
franchit le signal d'arrêt et vint, sans modérer sa
vitesse, la tamponner en pleine gare.8Il n'y eut fort heureusement,
qu'un seul blessé, le chauffeur R. du train tamponneur. Par
suite du choc ce dernier fut contusionné à la hauteur du
Thorax, par la tige du frein à main. Son état,
d'après la déclaration du docteur, ne présente
rien d'inquiétant. Sauf complications peu probables d'ailleurs,
le blessé pourra reprendre son travail dans I5 jours.
12345678Les conséquences de l'accident, au point de vue
matériel, consistent d'abord en un retard de 3 h.20 au
départ du train 24 de Landivisiau - Ville pour Plouescat, puis,
en avaries assez im- portantes aux deux locomotives, dont les traverses
aux extrémités, ainsi que le tablier ont
été déformés, les attelages et tampons
arrachés et enfin l'appareil d'aiguillage faussé par la
sortie des machines de la voie.
12345678Nous avons recueilli sur les lieux les déclarations suivantes :
12345678I° M. G., mécanicien, Chef d'atelier, demeurant à Landivisiau.
12345678" Samedi, 5 décembre, je quittai Châteauneuf Du
Faou dans la matinée ; je fis route pour Landivisiau conduisant
la machine I05 qui venait de subir quelques réparations au
dépôt, deux wagons de marchandises vides y étaient
attelés.
12345678Jusqu'à Landivisiau - Transit la marche du convoi n'a donné lieu à aucun incident.
12345678Je reconnais avoir vu la machine I09 sur la voie, à la
gare de Landivisiau - Ville, vis à vis du dépôt de
charbon. J'ai remarqué également les signaux du Chef de
gare, M. C., porteur d'un fanal rouge. Je n'ai pu arrêter ma
machine à temps pour éviter le tamponnement.
12345678Quand j'ai voulu marquer l'arrêt avant d'atteindre le
P.N. de la route nationale N° I2 qui précède la
station de Landivisiau - Ville, j'ai fait fonctionner le frein à
air comprimé. J'ai aussitôt, entendu la chasse d'air du
boyau ne me laissant aucun doute sur le mauvais état de ce
frein. J'ai, alors, battu contre-vapeur pour atténuer le choc,
mais, en raison de l'état humide et graisseux du rail dans la
traversée du P.N. la machine se mit à patiner.
12345678En même temps, j'ai ordonné au chauffeur R. qui,
comme moi, voyait le danger, de faire agir immédiatement le
frein à main.
12345678La manivelle de ce frein n'était pas en place, mais
déposée sur la machine à portée de la main.
R. ne put conserver son sang-froid ; ni parvenir à placer sa
manivelle.
12345678Aucun frein ne fonctionnant, le tamponnement était
impossible à éviter en raison de la distance, quelques
mètres seulement, qui me séparait de la machine I09.
12345678Prié de nous fournir des explications sur la manivelle
qui aurait dû se trouver sur la tige du frein à main, le
mécanicien nous a répondu que cette manivelle est
plutôt gênante pour retirer le charbon de la soute ; c'est
pour cette raison qu'elle est disposée sur la machine à
portée de la main du chauffeur.
12345678M. G. est au service de la C° des armoricains depuis 2 ans.
Il a été employé précédemment au
réseau des chemins de fer des Côtes-du-Nord.
Déraillement d’un train en Ille et Vilaine
Accident en gare de Concarneau
entre une locomotive et un camion
1909 Déraillement à Guingamp.
Novembre 1899. Déraillement du train.
Passage à niveau d’antan !
Qu’un train de voyageurs arrive sur la même voie et un choc
effrayant est inévitable. Un seul homme peut
l’empêcher, c’est l’aiguilleur. Il a compris le
danger ; il court à son levier , dirige les wagons
échappés sur une voie de garage et les envoie se heurter
sur un talus ou dérailler en plein champ.
Autre passage à niveau
L'AIGUILLEUR DE TRAINS AU XIXe SIÈCLE
N'avez-vous pas été parfois réveillé en
sursaut par l'arrêt subit du wagon dont le mouvement vous avait
bercé et endormi ? Qu'arrive-t-il ? Nous ne pouvons être
encore au terme du voyage. La nuit est noire, la campagne rase. Il
vente, il fait froid. A travers la pluie vous apercevez une
lumière rouge : c'est un oeil qui veille sur vous, c'est un
signal. Le train sans doute se trouve à un embranchement ; il
doit prendre une nouvelle voie, et la sentinelle est là qui
attend et va ouvrir le chemin : c'est l'aiguilleur.
Deux trains se présentent-ils en même temps, l'aiguilleur
arrête l'un des deux, non pas l'un ou l'autre
indifféremment, mais celui qui, d'après sa consigne, ne
doit passer que le second ; il dirige le premier sur la voie qu'il doit
suivre.
Qui de nous n'a cent fois observé, de distance en distance, de
petites guérites en planches, un abri tout auprès,
quelques fleurs, des liserons, des lierres, une oasis au milieu du
chemin aride, un peu de poésie dans la monotone
réalité ? Qui n'a jeté un regard de sympathie sur
la cabane du pauvre aiguilleur, pilote dont la main éclaire,
dirige, arrête ou lance en avant, selon qu'il est
nécessaire, la machine et ce qu'elle emporte ?
Avez-vous remarqué les deux sortes de leviers qui les uns
manoeuvrent les signaux et les font parler à distance, les
autres qui font mouvoir les aiguilles ? Le langage de l'aiguilleur est
bien simple ; tout son vocabulaire se borne à trois mots :
Avancez, Arrêtez, Ralentissez ; encore ne les prononce-t-il pas ;
il les mime, le jour, à l'aide d'un drapeau qu'il laisse
enroulé, ou dont il déploie soit le côté
rouge, soit le côté vert ; la nuit, à l'aide d'une
lanterne à trois verres, blanc, rouge et vert.
Un brouillard épais couvre-t-il la voie, le mécanicien du
train qu'il attend court-il le risque de ne pas voir le signal, il a
recours à un moyen extrême : il place sur le rail des
pétards que la roue de la machine fait éclater en passant
; le mécanicien est averti. Un cornet d'appel complète
l'équipement de l'aiguilleur, et lui permet d'avertir le poste
le plus rapproché de l'arrivée prochaine du train.
En somme, tout le code de cet utile auxiliaire se borne à trois
règlements : celui des aiguilles, celui des signaux et celui de
la surveillance de la voie. Ajoutons le tableau de la marche des
trains, qui lui indique les heures de passage des divers trains au
poste qu'il occupe.
Mais s'il n'a besoin que de peu d'études et de théorie,
on exige de lui des qualités morales et physiques peu
ordinaires. Ce qu'il faut admirer plus que son langage laconique, plus
que sa science modeste, ce sont les qualités
particulières dont il est doué : une grande vigueur, une
forte constitution, une santé robuste capable de résister
à tous les temps, un sang-froid inébranlable, une
assiduité sans la moindre défaillance. Ne tient-il pas en
ses mains la vie des voyageurs qui vont passer ?
Une fausse manoeuvre, le moindre oubli, une absence de quelques
secondes, ne causeraient-ils pas les événements les plus
funestes ? L'aiguilleur le sait ; il a le sentiment de toute
l'étendue de sa responsabilité ; et quoi qu'il puisse
avoir à souffrir du froid, de la faim ou de la fatigue, il reste
à son poste toujours ferme et vigilant.
D'ordinaire, les aiguilleurs sont d'anciens soldats, qui ont l'habitude
de la consigne militaire. De même qu'autrefois ils ont
monté la garde, en se promenant de long en large sur un rempart
ou à la porte d'une préfecture, de même ils montent
encore la garde près de leurs aiguilles ou de leurs signaux,
continuant à s'oublier eux-mêmes pour servir d'instruments
dévoués à une volonté supérieure.
Dans l'intervalle des trains, leur temps se passe à frotter ces
barres de fer comme ils astiquaient autrefois leur fusil, à les
graisser comme ils graissaient leur fourniment, à ne laisser sur
ces plaques de frottement pas un caillou, pas un grain de sable que
l'inspection la plus minutieuse puisse y découvrir.
On a cherché à simplifier la tâche de
l’aiguilleur en la rendant pour ainsi dire « automatique
».On a construit d’ingénieux appareils où,
par une combinaison de leviers faisant verrous à mouvements
combinés, une voie n’est ouverte que lorsque les voies
concurrentes sont fermées, c’est à dire
protégées par une digue. On arrive ainsi à
supprimer tout calcul de la part de l’aiguilleur et à
réduire le travail de ses mains et celui de sa pensée, de
manière à rendre toute collision impossible.
Aiguillages
Il faut rappeler que Dinan fut gare de bifurcation des lignes Lison -
Lamballe / Dinan - La Brohinière à l'Ouest et Lison -
Lamballe / Dinan - Dinard à l'Est. C'est à ce titre que
la gare fut dotée d'appareils d'enclenchement aux bifurcations,
conformément à la circulaire du ministère des
Travaux Publics datant du 2 novembre 1881 et au règlement de la
compagnie de l'Ouest.
Il est donc fortement probable, en dehors de toute certitude historique
- la documentation ayant été perdue - que les postes
Vignier des premières générations aient
été installés dès la mise en service des
lignes Dinan - Dinard en 1887 et Dinan - La Brohinière en 1889.
Poste d’aiguillage
Situé près du passage à niveau n° 164, il est
du type Vignier 1889 à niveau, modèle standard de la
compagnie de l'Ouest, jusqu'à son rachat par la compagnie de
l'Etat en 1909. Le modèle 1889 résulte
d'améliorations successives apportées par l'Ouest au
niveau du système des enclenchements. La mise en service du
poste 1 de Dinan peut être datée avec une quasi certitude
d'avant 1914.
Il n'a été déposé qu'en 1993, date d'installation du poste type " S ".
Le poste 2 Situé à l'Ouest des installations de la gare,
en direction de Lamballe, le poste 2 était du type Saxby -Etat
1890. Ces postes différaient du système Vignier
essentiellement par la manière dont les enclenchements
étaient réalisés. Le poste 2 a été
mis en service en 1923. Il a été détruit par la
SNCF en 1994, certaines de ses pièces ont pu être
conservées par le musée du rail de Dinan.
Nous citerons encore comme exemple un genre d’accident qui se
présente de temps en temps et qui deviendra peut-être plus
fréquent par suite de l’extension des lignes à voie
unique et de l’adoption plus fréquente des fortes pentes.
Il arrive parfois qu’une des chaînes d’attelage qui
réunissent entre eux les wagons d’un train vient à
se rompre en gravissant une pente rapide ou bien que des wagons
chargés dans une gare au sommet d’un faîte soient
entraînés par le vent. Les véhicules lancés
sur la pente descendent alors avec une vitesse vertigineuse.